October 21, 2026

Maroc : la Banque mondiale alerte sur les fragilités structurelles de l’économie

By Africa


Un récent rapport de la Banque mondiale met en lumière les difficultés persistantes de l’économie marocaine, pointant des déséquilibres structurels qui affectent sa capacité à créer des emplois et à soutenir une croissance inclusive et durable.

Selon l’institution, le Royaume fait face depuis plusieurs années à un déficit important en matière de création d’emplois. Entre 2000 et 2024, l’économie marocaine n’a pas été en mesure d’absorber l’ensemble des nouveaux arrivants sur le marché du travail, une situation qui s’est accentuée au cours des dernières années. La Banque mondiale estime que cette évolution traduit un affaiblissement de la capacité de l’économie à transformer la croissance en opportunités d’emploi.

Le rapport souligne que la population en âge de travailler a fortement augmenté au cours des deux dernières décennies, tandis que la progression du nombre de personnes occupées est restée nettement plus limitée. Cette situation s’est traduite par un recul du taux d’activité, considéré comme un indicateur révélateur des difficultés du marché du travail marocain.

La Banque mondiale met également en cause le modèle de croissance adopté par le pays. Malgré un niveau d’investissement élevé, avoisinant 30 % du produit intérieur brut, les retombées sur la productivité demeurent faibles. L’institution relève notamment que la contribution de la productivité à la croissance économique reste limitée, ce qui réduit l’efficacité des investissements réalisés.

Le rapport pointe par ailleurs la place prépondérante du secteur public dans l’investissement national. Selon ses conclusions, cette situation limite les marges de développement du secteur privé, en particulier des petites et moyennes entreprises, confrontées à des difficultés d’accès au financement et à un environnement concurrentiel jugé insuffisant.

L’étude met aussi en évidence certaines faiblesses du tissu économique marocain. Une grande partie des entreprises est constituée de très petites structures opérant principalement dans des secteurs peu tournés vers l’exportation. Cette configuration réduit leur capacité à générer des emplois durables et à forte valeur ajoutée. En parallèle, une part importante de la main-d’œuvre continue d’exercer dans l’économie informelle, avec les conséquences que cela implique sur la productivité et la protection sociale.

Autre sujet de préoccupation soulevé par la Banque mondiale : l’inadéquation entre les qualifications et les besoins du marché du travail. Une proportion importante de diplômés de l’enseignement supérieur occupe des postes inférieurs à leur niveau de qualification, illustrant les difficultés d’insertion professionnelle des jeunes diplômés.

Le rapport attire également l’attention sur la faible participation des femmes à l’activité économique. Le taux d’activité féminin a reculé au cours des dernières années et demeure très inférieur à celui des hommes, une situation que l’institution considère comme l’un des principaux freins au potentiel de croissance du pays.

Ces constats interviennent alors que les indicateurs du commerce extérieur témoignent eux aussi de tensions persistantes. Le déficit commercial du Maroc s’est aggravé de 18,4 % au cours des quatre premiers mois de 2026, sous l’effet d’une hausse des importations plus rapide que celle des exportations. Dans le même temps, les investissements directs étrangers ont enregistré un recul notable, alimentant les interrogations sur l’attractivité économique du Royaume.

Maya Bel