October 21, 2026

Exportations industrielles : le Maroc franchit le cap des 21,2 milliards USD, confirmant son leadership africain

Industrie.ma

Automobile, aéronautique, électronique, batteries et industries de haute technologie tirent une croissance historique des exportations manufacturières, qui représentent désormais près de 87 % des ventes marocaines à l’étranger.

L’industrie marocaine poursuit sa montée en puissance et confirme sa transformation structurelle. Porté par près de deux décennies de politiques industrielles successives, le Royaume s’impose aujourd’hui comme la première plateforme manufacturière d’Afrique. Les exportations industrielles dépassent désormais 195 milliards de dirhams, soit 21,2 milliards de dollars, illustrant le changement d’échelle de l’économie marocaine et son intégration croissante dans les grandes chaînes de valeur mondiales.

Cette performance repose sur un appareil productif particulièrement dynamique. Le Maroc compte aujourd’hui plus de 13 000 entreprises industrielles, représentant près de 1,3 million d’emplois directs. L’industrie contribue désormais à environ 25 % du produit intérieur brut et constitue le premier moteur des exportations nationales. Les produits manufacturés représentent désormais 87 % des exportations marocaines, confirmant le basculement progressif d’une économie largement agricole vers une économie de transformation à forte valeur ajoutée.

Les principaux débouchés demeurent l’Union européenne, qui absorbe près des deux tiers des exportations, mais les ventes progressent également vers les États-Unis, le Royaume-Uni, la Turquie, les pays du Golfe et l’Afrique subsaharienne, bénéficiant d’un réseau de plus de cinquante accords de libre-échange donnant accès à un marché de plus de 2,5 milliards de consommateurs.

La locomotive demeure incontestablement l’industrie automobile. Le Maroc est devenu le premier constructeur automobile d’Afrique avec une capacité annuelle supérieure à 600 000 véhicules produite principalement sur les sites de Tanger et de Kénitra. Le taux d’intégration locale dépasse désormais 70 % sur plusieurs modèles, faisant du Royaume l’un des hubs industriels les plus compétitifs du bassin méditerranéen.

À fin mai 2026, les exportations du secteur automobile ont atteint 77,1 milliards de dirhams, en progression de 15,9 % par rapport à la même période de 2025. Elles représentent désormais 36,4 % de l’ensemble des exportations marocaines, confirmant le rôle central joué par cette filière dans la balance commerciale du Royaume.

L’aéronautique poursuit également une trajectoire remarquable. Plus de 140 entreprises sont implantées essentiellement autour de Casablanca et Nouaceur, couvrant l’usinage de précision, le câblage, les matériaux composites et la maintenance aéronautique. Le secteur génère désormais près de 3 milliards de dollars d’exportations annuelles, avec un taux d’intégration locale dépassant 40 %, tandis que près de 27 000 collaborateurs travaillent au sein de cet écosystème devenu une référence régionale.

Les industries électriques, électroniques et mécaniques continuent d’accélérer sous l’effet des investissements réalisés dans les composants automobiles, les faisceaux électriques, les équipements industriels, les cartes électroniques, les câbles haute technologie et les solutions numériques destinées aussi bien aux marchés européens qu’africains.

Le textile marocain poursuit sa mutation vers les textiles techniques, la confection rapide et les productions à plus forte valeur ajoutée, même si le secteur a enregistré un recul de 14,1 % au premier trimestre 2026 sous l’effet d’un contexte international plus difficile. Les phosphates et leurs dérivés affichent également une baisse de 7,4 %, contrastant avec la très forte progression des industries technologiques.

Une accélération confirmée au premier semestre 2026

Les résultats des cinq premiers mois de l’année témoignent d’une nouvelle phase d’accélération industrielle. À fin mai 2026, les exportations totales de biens du Maroc ont atteint 211,4 milliards de dirhams, en hausse de 5,8 % sur un an.

Cette progression repose principalement sur les excellentes performances des filières automobile, aéronautique, agroalimentaire et électronique. Dès le premier trimestre, les exportations automobiles dépassaient déjà 42 milliards de dirhams, en progression de 12,1 %, avant d’accélérer encore au cours des mois suivants.

L’agroalimentaire confirme également sa résilience grâce aux investissements réalisés dans la transformation alimentaire, la valorisation des produits agricoles et le développement de nouvelles capacités industrielles destinées à l’export.

Cette dynamique est accompagnée par une hausse soutenue des investissements directs étrangers. À fin mai 2026, les flux nets d’IDE dépassaient 23 milliards de dirhams, en progression de plus de 40 % sur un an, traduisant la confiance des investisseurs internationaux dans la stabilité économique du Royaume, la qualité de son environnement des affaires et la compétitivité de son industrie.

Cette nouvelle génération d’investissements concerne désormais les secteurs les plus stratégiques : batteries pour véhicules électriques, composants pour la mobilité électrique, matériaux critiques, hydrogène vert, énergies renouvelables, électronique de puissance, intelligence artificielle industrielle et nouvelles technologies numériques.

Le Maroc bénéficie pleinement des mouvements internationaux de relocalisation industrielle (« nearshoring »), de nombreuses entreprises européennes cherchant à rapprocher leurs sites de production tout en conservant un accès rapide au marché européen.

Des infrastructures au service de la compétitivité

La performance industrielle marocaine repose également sur des infrastructures de classe mondiale. Le complexe portuaire Tanger Med, premier port d’Afrique et de Méditerranée, dessert plus de 180 ports dans le monde et constitue l’une des principales plateformes logistiques internationales.

Le Royaume dispose également de plus de 1 800 kilomètres d’autoroutes, de la première ligne ferroviaire à grande vitesse d’Afrique, d’un réseau performant de plateformes logistiques, de zones industrielles intégrées et de parcs spécialisés accueillant les grands écosystèmes industriels.

À ces infrastructures s’ajoutent la nouvelle Charte de l’investissement, les incitations fiscales, la marque « Morocco Now », la montée en puissance des écosystèmes industriels et une politique volontariste de développement des compétences, autant d’atouts qui renforcent l’attractivité du Royaume auprès des investisseurs internationaux.

À l’horizon 2030, le Maroc entend consolider sa position parmi les grandes plateformes industrielles mondiales en développant les semi-conducteurs, les batteries, la mobilité électrique, l’industrie aéronautique de nouvelle génération, la chimie verte, les biotechnologies, les industries pharmaceutiques et les technologies de souveraineté.

Avec plus de 195 milliards de dirhams (21,2 milliards de dollars) d’exportations industrielles, représentant désormais 87 % des exportations nationales, le Royaume confirme sa place de première puissance industrielle du continent africain et affirme son ambition de devenir l’un des principaux hubs manufacturiers reliant l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient dans la nouvelle géographie mondiale de la production.