Conférence mondiale sur l’océan : six choses à savoir sur le sommet qui s’ouvre ce lundi à Nice
La 3e conférence des Nations Unies sur l’océan (Unco-3) débute ce lundi 9 juin à Nice (Alpes-Maritimes). Voici ce qu’il faut savoir sur cet évènement diplomatique majeur pour la préservation de l’océan, qui se clôturera le 13 juin.
1 – En quoi consiste l’Unoc ?
Du lundi 9 au vendredi 13 juin, Nice accueille l’Unoc-3, la 3e conférence des Nations Unies (Onu) sur l’océan. Les 193 pays de l’Onu ont été conviés à cette conférence internationale, et 187 ont répondu présent selon l’Onu. Pendant cinq jours, ils vont échanger entre eux, mais aussi avec des acteurs non-étatiques : entreprises, ONG, scientifiques, citoyens
Après New York (2017) et Lisbonne (2022), cette 3e conférence est organisée par la France et le Costa Rica. Officiellement, le but est d’avancer sur l’objectif de développement durable n°14 de l’Onu, qui porte sur l’utilisation durable de l’océan.
2 – En quoi consistaient les évènements parallèles ?
Trois sommets ont déjà eu lieu à Nice et Monaco en marge de la conférence diplomatique. Un sommet scientifique a réuni plus de 2 000 scientifiques du 3 au 6 juin.
Le 7, c’était le tour de la présentation officielle d’une coalition mondiale de villes et régions littorales face aux changements de l’océan. Une coalition présidée par Christian Estrosi, le maire de Nice
3 – À quoi sert cette conférence ?
À la différence des Cop (comme celle de Paris, en 2015) ou des négociations pour les traités internationaux, aucun accord contraignant ne sera signé à Nice. Les États présenteront des engagements volontaires et une déclaration commune.
En termes onusiens, cette conférence « vise à soutenir la poursuite et l’urgence des mesures visant à conserver et à utiliser de manière durable les océans, les mers et les ressources marines pour le développement durable »
Plus prosaïquement, 100 milliards de dollars de nouveaux financements publics et privés sont attendus en faveur du développement durable de l’océan, selon Maritza Chan, ambassadrice à l’ONU du Costa Rica. Un chiffre que l’Elysée n’a pas confirmé, côté français.
4 – Quels seront les principaux thèmes abordés ?
L’Unoc sera l’occasion pour les participants, étatiques ou non, d’échanger de façon plus ou moins formelle. Cette conférence s’inscrit donc dans l’agenda des instances internationales, maritimes ou plus générales. En voici la preuve avec trois exemples.
La France pousse depuis des années pour favoriser l’entrée en vigueur d’un traité sur la haute mer — la partie de l’océan située au-delà des juridictions des États. Pour s’appliquer, ce traité négocié à l’Onu doit être ratifié par au moins 60 États. Pour l’heure, 29 signatures ont été déposées. La France espère donc que l’Unoc sera un catalyseur pour en engranger davantage.
Deuxième exemple : en août en Suisse, un accord mondial et contraignant pourrait voir le jour sur la lutte contre la pollution plastique. Le dernier round de négociations, en 2024 en Corée, a été un échec. La conférence de Nice sera l’occasion de poursuivre les échanges avant la négociation formelle à Genève début août.
Enfin : la surpêche. Des négociations sont toujours en cours à l’OMC (Organisation mondiale du commerce) pour tenter d’interdire les subventions favorisant ce phénomène, mais elles sont pour l’instant bloquées.
D’autres échanges porteront sur l’exploitation minière des fonds marins ou la décarbonation du transport maritime.
5 – Qui va y participer ?
Plus de 12 000 délégués du monde entier sont attendus. Parmi les principaux leaders politiques, citons Emmanuel Macron, Lula da Silva (président du Brésil), Ursula von der Leyen (présidente de la Commission européenne) ou encore Han Zheng, numéro deux du régime chinois.
6 – Quelles sont les grandes annonces attendues ?
Emmanuel Macron l’a annoncé dès fin mars, la France va annoncer la création de nouvelles aires marines protégées, notamment en Polynésie. Le renforcement de certaines déjà existantes, par exemple celles qui protègent des coraux, devrait aussi être dévoilé. D’autres annonces devraient enfin concerner le chalutage, une technique de pêche dénoncée par les ONG environnementales.
Le 7 juin, dans un entretien à des médias français, dont Ouest-France, Emmanuel Macron a déjà indiqué que la Manche serait peu concernée par le renforcement de la protection des aires marines protégées. En revanche, il faut s’attendre à des annonces concernant la Corse, l’Atlantique, Port-Cros (Var) ou les Calanques (près de Marseille).
La science, particulièrement mise à l’honneur pendant l’Unoc, n’est pas en reste côté annonces. Une mission océanographique, baptisée Neptune, doit être officiellement lancée. Elle réunira une dizaine de pays possédant des agences océanographiques et spatiales, et doit durer de 2026 à 2040.
Un baromètre de santé de l’océan en cinq points, baptisé « Starfish » (étoile de mer) sera lui dévoilé ce dimanche 8 juin, journée mondiale de l’océan, et mis à jour chaque année à cette date.
